
Je me suis levée de bonne heure, enfin c'est ce qui était prévu, je vois 10h affiché à mon horloge, tant pis je ne pense pas qu'il m'en tiendra rigueur, il doit êre en train de décuver son vin, faut que j'arrête d'avoir de mauvaise pensées, comme ça. Tony m'a raconté l'histoire de ce gars, musicien hors pair, formant avec une bande de pote un groupe connu, il a perdu sa femme et son enfant dans un accident de voiture au sommet de sa gloire. Tony l'a trouvé un soir dans une ruelle, ivre mort en train s'etouffer dans son vomi, beuurk c'est dégueulasse... à la "Jimmy Hendrix" remake par Adam, je rigole mais pourtant je ne devrais pas. Posséder ce que tout le monde désire, c'est à dire, gloire, argent, bonheur, amour et finalement se retrouver avec un paquet d'argent à rien n'en faire, ronger par la douleur et le chagrin, plus d'un se serait tuer...
Mon sang ne fait qu'un tour, il était assis devant ce verre, solenellement et quand je suis entrée, il a sursauté et puis il n'arrêtait pas de regarder par terre, si y faut il a pris des médicaments et en plus de l'alcool. Je jette ma tasse de café dans l'evier, j'attrappe mon sac et mes clés et je me jette à mon tour dans ma voiture. Voilà que j'hérite d'un suicidaire, bienvenue au pays... appellez moi Soeur Thérèse et j'accoure à votre rescousse, toujours prête à sauver les cas déséspèrés, y a qu'a moi que ça arrive.
Je tombe dans les bouchons, y me manquait plus que ça!
-Mais qu'est ce qu'ils foutent là à dix heures du matin ces cons là, c'est pas possible! Voilà que je me parle à moi même.
Notabénêt à moi même: investir dans un girofare!! J'appuie sur le klaxon comme une malade et j'hurle à la fenêtre:
-Situation urgente, avancer bon sang de bon oir... c'est une question de vie ou de mort...
-C'est pareil pour tout le monde ma petite dame, me déclame l'homme à la voiture devant moi en sortant la tête de la vitre.
Je suis furaxe, si cet idiot crève, c'est aussi Tony qui meurt. Aux grands maux, les grands remèdes, j'emprunte la voie la plus à droite, celle reservée aux urgences, je file à toute vitesse en hurlant "Police". J'espère qu'elle ne sera pas là pour m'acueuillir à la fin de la route.

La chance semble tourner en ma faveur, je prend cette fichue sortie de route si emcombré et je me dirige vers les beaux quartiers mais je ne me souviens plus qu'elle est sa maison, c'est la grosse merdasse. Elle est grande, belle, chère mais le hic, l'ombre au tableau, c'est qu'elles le sont toutes, je regarde l'heure à ma voiture et je vois s'afficher 10:25, je suis une mauvaise secouriste. Il me semble la reconnaitre, oui c'est bien celle là, je pile devant la boite aux lettres, mes pneus crissent, laissant une marque noire sur la route. Je sors de cette bagnole de l'enfer et je cours jusqu'a la porte, quelle idée de porter des talons hauts, je suis stupide.
Court, respire, court, respire.....
Je démonte la porte et je manque de m'ecrouler, une fois remise sur mes escabots je fonce vers le salon... encore un boum, les portes n'ont qu'a bien se tenir...
La musique du célèbre opéra Carmina Burana retentit dans mon cerveau, musique de l'apocalipse qui est déclenché toujours dans des scènes de film au moment où le héros est en proie avec son destin où quand c'est la fin du monde. Il n'est pas au salon, je vois le verre de hier posé sur la table basse, ce salon sent le vieux bouc et est dégueulasse, faudra revoir les honoraires de la bonne à la baisse. Je prends la première porte qui vient... pour me retrouver devant un placard....

-Oh, y sont magnifiques ces escarpins! Depuis quand un homme porte des escarpins Malono Blahnik taille 38....Puis réalisant que je dois sauver un homme. Pas le temps de s'arrêter la dessus!
je monte les escaliers, mais quelle merde cette baraque, si il est encore en vie, je lui en fais changer direct. Une nouvelle porte... et je fais enlever les portes aussi.
La salle de bain, il est là....



!!
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