
Une semaine s'est passée depuis la fameuse histoire de la table, elle est toujours dans la piscine d'ailleurs, on a décidé de l'y laisser, comme enterrement de nos anciennes querelles, d'un accord tacite. Je ne viens pas tous les jours, seulement trois fois par semaine, c'est assez suffisant. Nous avons passé cette fameuse après midi a discuté et une bonne partie de la soirée. Il m'a avoué tous ce qui c'était passé le jour de mon arrivée, le verre plein de poison. Il m'a remercié de ne pas l'avoir jugé et d'avoir voulu l'aider mais il veut se prendre en main et reconstruire sa vie avec une aide minimum. Finalement je ne suis pas si nulle que ça, j'ai réussi à lui faire changer d'avis, j'espère qu'il ne renoncera plus, qu'il tiendra le coup.
Je garde les yeux ouverts et je sais que se sera dur pour lui mais pour moi aussi, je vois déjà les appels au milieu de la nuit pour une crise d'insomnie, pour une envie suicidaire, c'est triste à dire mais je le sens au fond de moi. Il croit être définitivement débarasser de tous ça, de s'être libéré mais rien ne se fait en un jour même pas le monde. Le deuil de sa femme et de sa fille, reprendre la musique, retrouver une vie sociale normale rompera les liens qu'il a avec la mort pourtant je ne peux pas lui en demander tant, pas tous ça d'un seul coup. Une phrase prenant tout son sens me revint à l'esprit, c'est ce que m'avait dit mon grand-père après la mort de mon frère: "C'est dur, et c'est tous les jours mais tu pourras surmonter tous ça car tes amis et ta famille t'entourent mais ne t'attend pas à ce que je te prenne par la main et que je te porte. Je t'aiderais mais toi seule pourra faire le chemin".

C'est difficile de dire ça à quelqu'un mais Tony avait totallement raison, je me suis prise par la main comme une grande fille et j'ai appris à faire sans mon frère, tout en le gardant dans mon coeur et dans ma mémoire.



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